Je ne supporte aucune critique, comment changer?

Dernière mise à jour : 24 juil. 2021

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Se faire critiquer n'est jamais une expérience très plaisante. Que ce soit une critique constructive ou une critique globale, elle touche notre amour propre avec plus ou moins d'intensité. Cependant apprendre à recevoir une critique peut s'avérer être une force. Comment répondre à une critique ? Petit guide.


Auteur Photo: geralt (Image libre de droits - Pixabay)



Les critiques provoquent en général des émotions fortes du registre de la colère ou de la tristesse. Elles activent en effet des mécanismes de défense où nous pouvons attaquer l'autre ou au contraire se culpabiliser. Idéalement, nous aimerions tous être aimés, reconnus voire être un être parfait. Les personnes perfectionnistes ont terriblement de mal à accepter les critiques car elles viennent détruire l'image idéal que ces personnes aimeraient donner d'elles-mêmes.


Un des premiers reflexes que nous pouvons avoir face à une critique est la contre-attaque: critiquer à notre tour. Le sentiment d'injustice peut se mêler à la colère ou à la tristesse.


Le fait d'activer nos mécanismes de défense face à une critique nous empêche de prendre en considération le point de vue de l'autre et participe à dégrader les relations et les rendre conflictuelles.



Différentes formes de critiques



Un des fondamentaux avant même de savoir comment répondre à une critique est de rester calme et d'écouter. Cette attitude vous permettra de déterminer si la critique est vraie, fausses ( malentendus) ou si elle est non constructive (vague).


Les critiques vraies et précises


Accepter une critique précise et vraie, c'est avoir la volonté de s'améliorer. Tout le monde peut faire des erreurs et apprendre de ses erreurs. En effet, en partant du postulat que personne n'est parfait, que l'erreur est humaine, nous pouvons considérer que si quelqu'un me critique, cela ne signifie pas qu'il me rejette, qu'il me rabaisse ou ne m'apprécie pas.


Une critique vraie se définit par le fait que nous reconnaissons l'erreur et qu'elle renvoie à un évènement précis. Les réponses à apporter vont par faire par étape. La première est de s'excuser et de reconnaitre simplement que nous avons commis une erreur. La seconde est de se montrer empathique en validant l'émotion que notre erreur a pu susciter chez notre interlocuteur. La troisième consiste dans une logique empathique d'exprimer ce que cette erreur suscite chez nous. Enfin, la dernière étape amènera à apporter une réparation et un engagement du changement d'attitude.


Donnons un exemple concret: vous avez oublié l'anniversaire de votre meilleure amie !

Votre amie vous le reproche et éprouve beaucoup de colère contre cet oubli.


Etape 1: "je suis désolée, c'est vrai que j'ai oublié de te fêter ton anniversaire" (surtout ne justifier pas pourquoi. Faites le uniquement si on vous le demande. En effet, si vous justifiez "j'ai eu beaucoup de travail ...", vous risquez de donner l'impression de minimiser vos excuses).


Etape 2: "je comprend que tu sois en colère" (ne remettez pas en question les émotions de votre amie, évitez de lui dire que ce n'est pas si grave ou qu'elle exagère).


Etape 3: "ca me rend triste de t'avoir fait de la peine"


Etape4 : "je te propose qu'on se voit pour que nous fêtions cela toutes les deux" (trouver un compromis pour que les deux parties soient satisfaites).


Normalement cela suffit car vous ne pouvez pas dire davantage en réalité. Dans le cas où la personne continue d'exprimer la même critique, redites la même chose. Si la critique persiste,

il est fort probable qu'il y ait autre chose derrière et que cette personne vous reproche bien plus. Ainsi, vous pourrez lui demander si elle a d'autres choses à vous reprocher.


Les critiques fausses (quiproquos)


Les critiques fausses sont les malentendus. Quelqu'un vous reproche d'avoir commis une erreur mais vous ne l'avez pas fait. Il faut partir du principe que votre interlocuteur pense sincèrement que vous êtes responsable de l'erreur.


La première étape consiste à dire que vous n'avez pas commis l'erreur. Inutile de s'excuser si vous n'avez rien fait. La seconde étape est de valider l'émotion de l'autre en comprenant qu'il pense sincèrement avoir raison. La troisième étape permet de dire ce que vous vous ressentez face à ce quiproquo. La dernière étape est de trouver une solution ensemble afin que ce type de malentendu ne se reproduise plus.


Exemple: votre meilleure amie et vous avez rendez-vous. Elle vous attend à 14h et vous arrivez à 15h pensant que le rdv est à cette heure là. Elle est en colère et pense que vous ne la respectez pas.


Etape 1: "j'ai compris que nous avions fixé le rdv à 15h"


Etape 2: "je comprend que tu sois en colère si tu penses que c'était à 14h, je réagirai surement de la même façon"


Etape 3: "Ca me blesse que tu penses que je ne te respecte pas, que j'ai pu le faire exprès car pour moi le rdv était à 15h"


Etape 4: "la prochaine fois, peut être pourrions nous confirmer l'heure par sms afin que personne ne se trompe d'heure"


Comme avec les critiques vraies, si la personne persiste dans sa critique, il faudra rechercher si autre chose dérange votre interlocuteur.


Les critiques vagues


C'est une des formes de critiques les plus courantes. Elle fait référence à une critique globale, sans précisions, et souvent accusatrice "tu es méchante", "tu es égoïste" etc. Cette critique est celle qui provoque le plus de sentiment d'injustice. Si elle est répétée, elle peut être destructrice pour l'estime d'une personne.


La première chose à faire est de faire clarifier les propos. Si votre interlocuteur arrive à préciser, la critique vague peut devenir une critique vraie ou une critique fausse. Si votre interlocuteur ne précise pas et persiste à rester vague, dans ce cas, gardez

en tête qu'il est responsable de ses propos et que l'intention est de vous toucher.

Exprimez lui ce que vous ressentez et mettez des limites.


Exemple: " tu es égoïste"


Etape 1: "Pourquoi penses tu cela?" "peux-tu me donner des exemples pour préciser ce que tu penses?" Si votre interlocuteur ne précise pas et se contente de relancer par "tu sais très bien, je ne vais pas perdre mon temps à t'expliquer", la règle de l'empathie ne sera pas possible dans ce cas.


Etape 2: "Je t'ai demandé de préciser et tu ne le fais pas, quelle est ton intention en me disant cela? (vous renvoyez ainsi à votre interlocuteur la responsabilité de son intention)


Etape 3: "Je peux entendre les critiques si elles sont constructives mais je ne peux pas les accepter si elles ont juste pour objectif de m'accuser et de me blesser"


Etape 4: "Cette façon de faire ne m'intéresse pas, je te demande d'arrêter si tu n'es pas prêt à amener les choses autrement"


Là aussi, la technique de la répétition peut être utilisée si votre interlocuteur persiste à rester flous.


Avec les personnes moins proches, vous pouvez contrer votre interlocuteur en allant

dans son sens (technique du brouillard): "oui c'est vrai" ou en utilisant des proverbes ou des généralités "chacun a sa façon de voir les choses". Cela permet de neutraliser la situation et la dépersonnaliser.


Avec de l'entrainement, il est tout à fait possible d'arriver à répondre aux critiques de façon saine et juste. N'oublions pas quand même que même la personne qui maitrise cette habileté peut dans certains cas céder à ses mécanismes de défenses et laisser parler plus intensément ses émotions. C'est tout à fait humain. Restons ainsi indulgents avec nous-mêmes, l'important étant juste d'admettre que nous pouvons faire des erreurs et tenter de les réparer au mieux.