Comment se déroule une séance d'électroconvulsivothérapie?

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L'électroconvulsivothérapie (ECT) ou encore dénommé sismothérapie a remplacé le terme "électrochoc", trop lié dans l'imaginaire collectif au film "Vol au dessus d'un nid de coucou". Dans les années 40, il est vrai que l'utilisation des électrochocs pouvait causer des traumatismes graves. De nos jours, cette technique a évolué et semble loin de l'image effrayante que nous pouvons en avoir. Comment se passe une séance d'ECT afin de lever les fantasmes?


Auteur Photo: COLIN00B (Image libre de droits - Pixabay)



Le traitement par ECT consiste à créer une crise dite "comitiale" via un courant électrique qui passe à travers le cerveau. De nos jours, la pratique des ECT se distingue essentiellement par deux grandes différences majeures avec les anciennes pratiques. Elle se fait toujours par anesthésie générale brève et les convulsions sont limitées grâce au recours aux myorelaxants.



Dans quels cas utilise-t-on les ECT?



De nombreuses études randomisées et contrôlées ont mis en évidence l'intérêt de l' ECT dans le traitement de certains troubles dont la dépression sévère dite "mélancolique", les épisodes maniaques et certains symptômes de la schizophrénie. L'ECT est rarement proposé comme premier traitement. Cette technique est envisagé dans le cas d'échecs des autres méthodes thérapeutiques (psychothérapeutiques et/ou médicamenteuses) ou en cas d'aggravation significative des symptômes pouvant mettre en danger la vie de la personne (risque suicidaire). L'ECT peut être indiqué même chez la femme enceinte présentant ces troubles. Dans ce cas, une surveillance particulière sera mise en place avec monitorage si la grossesse est avancée.


Concernant les épisodes dépressifs sévères par exemple, les résultats montrent une baisse significative de la symptomatologie à court terme chez 85 à 90% des personnes ayant bénéficié de ce traitement, ce qui est supérieur à ce que nous observons avec l'utilisation de psychotropes. Cependant, les effets bénéfiques ne sont observables qu'à court terme et il est nécessaire de mettre en place un traitement pour consolider ces effets (traitements médicamenteux, thérapies, séances d'ECT supplémentaires) afin de limiter les risques de rechutes.


Comme n'importe quel traitement, l'ECT présente des contre-indications dont l'hypertension intracrâniennes, la prise d'anticoagulants, des antécédents d'infarctus du myocarde, ou d'hémorragies cérébrales pour n'en citer que quelques-unes. Parmi les effets secondaires, les risques de mortalité sont similaires aux risques habituels de l'anesthésie générale.

Nous pouvons observer des complications comme une brulure à l'emplacement des électrodes, des traumatismes dentaires, des difficultés circulatoires, une tachycardie post opératoire, des arythmies cardiaques. Après les séances, nous pouvons citer la présence possible de céphalées, de douleurs musculaires, de difficultés mnésiques par exemple.


L'ECT provoque une crise convulsive en utilisant un bref courant électrique de faible intensité. Les séances durent une dizaine de minutes en présence de l'anesthésiste, du psychiatre et d'un infirmier. Avant cette phase, une consultation d'anesthésie a lieu. Le nombre total de séances peut aller de 3-4 séances à une vingtaine de séances en fonction de l'état initial de la personne et de l'évolution des symptômes au cours du traitement.

L'anesthésie générale est brève et s'accompagne de l'administration d'un myorelaxant pour détendre les muscles. Etant anesthésiées, les personnes ne ressentent aucune douleur, ni sensation.


Loin de que nous pouvons imaginer, l'ECT n'est plus ce traitement un peu sadique dans son mode d'administration qu'il a pu être autrefois.


L'ECT se pratique dans le respect de la personne et représente un traitement de choix dans des pathologies sévères.

Cependant, il doit être consolidé par les autres traitements disponibles à moyen et long terme.